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Centre Beautour

Le parc

 téléchargez le plan du parc Le parc comprend outre le château et un étang, 8 hectares de prés, de friches et de bois, pour certains abandonnés pendant presque 40 ans.
Le parcours permet de découvrir les différentes parcelles aux caractéristiques et ambiances bien distinctes (prairie, friche, taillis, bois) que les concepteurs ont investies avec un souci constant de mise en valeur des lieux et de réemploi des matériaux présents in situ.

Conception du parc : Guillaume Sevin Paysages

 

 

 

 

 

Le nid de saules

Inspiré à la fois du Land Art et du plessage traditionnel des haies, cet espace met en scène différentes techniques de tressage de brins en utilisant plusieurs espèces de saules pour jouer avec les couleurs d'écorce (de jaune vif à rouge sombre) et la vitesse de croissance des brins.

Entrelacés comme ceux d'un nid, les brins dessinent un labyrinthe, véritable porte d'entrée végétale pour accéder à l'univers du parc.
Le plessage, du latin « plexus » signifiant plier, est une technique traditionnelle utilisée par les agriculteurs pour constituer des clôtures végétales vivantes efficaces pour contenir le bétail.

Conceptrice du nid de saules : Stéphanie Buttier
Plessage de haie champêtre et de saules, haie Benjes : Frank Viel

Les écrans végétalisés

Ces écrans marquent symboliquement le seuil du nid de saules et contribuent à isoler du bruit de la route la promenade dans le parc.
Les boutures de saule noir de Vilaine (Salix triandra) prennent racine et développent un couvert végétal dense. Les parois sont réalisées en brins de saules tressés qui, après passage à l'étuve, ont été rendus inertes et imputrescibles.

Stéphanie Buttier

Les haies de saules

Le cheminement conduit ici le visiteur dans un labyrinthe de haies réalisées selon deux techniques :

Soit avec différentes espèces de saule vivant plantées dans le sol à l'état de boutures et entrelacées de part et d'autre de piquets de châtaignier,
Soit avec du saule dévitalisé, sec et tressé selon des techniques issues du savoir-faire des vanniers.
Ces techniques peuvent être utilisées dans des sols frais à humides et permettent de structurer des espaces nus, de réaliser des cheminements, des garde-corps...

Stéphanie Buttier, Frank Viel

La haie plessée

Cette haie est constituée d'arbres et d'arbustes (chênes, prunelliers, aubépines, églantiers, fragons, ronces) qui atteignaient 3 à 4 mètres de hauteur avant la réalisation du plessage au printemps 2013. Les troncs des arbustes constituant la haie ont été fendus à proximité du sol, puis inclinés et tressés à l'oblique de part et d'autre de piquets plantés à intervalles réguliers, la coudée. La haie plessée poursuit alors sa croissance, les arbustes cicatrisent et se dédoublent à travers le temps. Cette technique permet de régénérer des haies dégradées et offre le gîte et le couvert à de nombreuses espèces animales. 
Les branches supprimées lors du plessage ont été conservées et réutilisées pour créer une haie de bois mort, visible sur le parcours (haie Benjes).

Stéphanie Buttier, Frank Viel

La haie Benjes
Cette haie de bois mort, dite haie Benjes (du nom de son inventeur) a été fabriquée en disposant les branches récoltées lors du plessage entre une double rangée de pieux.
Véritable « piège à graines », semées entre autres involontairement par nombre d'oiseaux, elle ira jusqu'à former une véritable haie en une dizaine d'années environ.
Les ronces apparaîtront les premières puis seront rejointes progressivement  par d'autres végétaux ligneux (prunelliers, fruitiers sauvages, chênes..).

Stéphanie Buttier, Frank Viel

Le jardin « Monsieur Durand »

Ce jardin occupe l'ancien parvis de la demeure familiale, autrefois clos d'un muret surmonté d'une grille. Les pierres de taille en granit qui constituaient le couronnement du muret et les piliers des portails ont été démontés et réutilisés pour créer des éléments de décor dans le parc. De même, les tuiles, les briques et les ardoises issues de la démolition des dépendances en ruine ont été réemployées pour marquer les allées, les canaux entre les mares et les bassins ou pailler les massifs.
Cet espace, unique partie jardinée du parc, a été créé à la mémoire de Georges Durand et marque symboliquement la rencontre entre la demeure ancienne et l'extension contemporaine.

Guillaume Sevin Paysages

Le clos des insectes

Les insectes sont les animaux les plus nombreux de la planète : ils représentent 3 animaux sur 4 au regard des connaissances actuelles. Environ 1 million d'espèces d'insectes ont été identifiées sur Terre (41 000 en France) et on estime qu'il en reste au moins autant à découvrir. Ces animaux d'une grande diversité d'espèces, de formes et de couleurs sont pourtant le plus souvent méconnus.
Pour les observer de plus près, le « clos des insectes » présente un ensemble de micro milieux favorables à leur développement. Ce sont autant de lieux de ressources et d'abris où les insectes peuvent se nourrir, construire leur nid, passer l'hiver ou simplement se réfugier.

Concepteur du clos des insectes : Hors Normes
Sculpture mur de bûches : José Lepiez

Land Art avec tas de bois

Au travers d'une démarche artistique baptisée « Vents cosmiques courants d'étoiles », José Lepiez a réalisé pour le Centre Beautour trois interventions sur un long mur de bois qui redessine symboliquement le jardin clos d'origine :
1 - la matrice, jeune arbre abrité par la mémoire de ses ancêtres
2 - le tas de bois ascendant, dont la structure fait référence aux nids d'abeilles et porte le regard sur les détails, tronc, mousse, sol...
3 - les 4 constellations, tracées en référence aux 4 éléments : la Petite Ourse pour la Terre, Le Dragon pour le Feu, La Baleine pour l'Eau et les Gémeaux pour l'Air. Chaque trou percé dans le bois représente une étoile, et sa taille reflète l'éclat de l'astre. La diversité des trous favorise ainsi une diversité d'espèces d'insectes, qui viennent s'y abriter.

Grand hôtel à insectes : la cabane des collectes 

La cabane à bois présente une synthèse des habitats présents : bois pourris, bois percés, écorces, empierrement, feuilles mortes, mousses, copeaux, tiges creuses, tiges à moelle...
Hébergeant autant de microlieux propices aux insectes, construite en châtaignier, cette cabane regroupe également diverses essences d'arbres parmi les plus fréquents (frêne, robinier, aulne, peuplier, platane, orme, merisier, bouleau, chêne d'Amérique, chêne pédonculé .....).

Hors Normes

Les chablis

Des bois morts et pourrissants tels que des rondelles de robinier, une bille de châtaignier, et un arbre squelette sont présentés à différents stades de décomposition à l'image des mousses, lichens, champignons, qui s'y développent et de nombreux insectes qui par leur activité en transforment la matière organique.
Est évoqué ici l'univers du sous-bois plus humide et plus sombre avec son tapis de lierre et de petits ronciers qui nourrissent abeilles, papillons ou guêpes suivant les saisons.

Hors Normes

La spirale des lucifuges

Lucifuge se dit de l'organisme qui fuit la lumière. La spirale en pierres sèches fait écho aux murets anciens que l'on trouve le long des chemins, et qui représentent de formidables refuges pour les insectes lucifuges et pour toute une microfaune. Elle nous invite à aller regarder plus attentivement dans les trous des murs de nos jardins.

Hors Normes

L'apprenti sorcier

Un bac de feuilles mortes offre habitat et nourriture pour de nombreux insectes, dont les larves digèrent les matières organiques et les transforment en terreau fertile. Les curieux cloportes, collemboles, iules, rhinocéros, capricornes... peuvent ainsi être découverts et observés au fil du temps.

Hors Normes

La halte aux insectes xylophages

Au cœur des fibres de l'arbre, c'est l'univers des insectes xylophages dont les larves creusent des galeries monumentales dans le bois. Vrillettes, scolytes, capricornes, termites... ces insectes colonisent les arbres malades ou morts, mais aussi les charpentes.
Deux installations permettent de découvrir les galeries et les cavités formées par ces insectes sculpteurs ou leurs larves dans du chêne.
Avant de quitter le clos des insectes, surtout n'oubliez pas de passer au à la « cabine photo végétale », qui propose un « portrait robinier » ou comment devenir un insecte au cœur de l'arbre. 

Hors Normes

Le vallon expérimental

Autrefois prairie, cette parcelle a été modelée avec les matériaux déblayés pour l'aménagement du site. Plusieurs centaines de mètres cubes de sol argileux creusé pour réaliser les voies, les parkings et les bâtiments ont été déplacés et réutilisés pour créer ces vallonnements. Des matériaux issus de la démolition (mâchefer, tuiles, chaux) ont également été répandus et mélangés à la terre. La diversité des expositions (sud/nord), des pentes (creux, bosses, replats) et des sols constitue un terrain expérimental pour observer la colonisation végétale selon les milieux.

Guillaume Sevin Paysages

Le bois aux épines

Totalement impénétrable après des années d'abandon, cette parcelle a été aménagée au gré des trouées visibles dans le roncier. Le lierre, les ronces et les arbres effondrés ont été conservés de part et d'autre des chemins, en évitant les parties inondées en période hivernale. Cette déambulation dans la friche sombre et épineuse conduit vers la prairie lumineuse qui marque la limite sud du site.

Guillaume Sevin Paysages

Les charmes plessés

La haie, jusqu'à la modernisation de l'agriculture, était indispensable au paysan. C'était, entre autres, une réserve de bois d'oeuvre ou de chauffage, un lieu de cueillette (fruitiers sauvages greffés à même la haie, pharmacie champêtre), et une barrière vivante infranchissable par les animaux. Pour cela, on avait recours au plessage. Ce savoir-faire déjà connu à l'époque gallo-romaine, consiste à entailler les arbustes pour les tresser de part et d'autre de piquets plantés à intervalles réguliers.
Cette haie qui clôt la partie ouest du domaine est constituée d'un ourlet dense de fragons (arbuste persistant épineux) qui témoigne de l'ancienneté de cette barrière végétale, probablement plusieurs siècles. Entre les grands chênes, on distingue ici un ensemble remarquable de charmes plessés, témoins de la technique locale de plessage horizontal des branches. Les branchages entremêlés ont fusionné entre eux, reliant les arbres pour former cette silhouette étrange encore bien visible malgré les années d'abandon.

Guillaume Sevin Paysages, Stéphanie Buttier, Frank Viel

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La grande prairie

A l'ombre d'un chêne vert majestueux, le panorama s'ouvre plein sud sur la grande prairie, l'étang et au loin les bois. La prairie n'a pas été impactée par les travaux d'aménagement et elle reste un lieu de pâture et de production de foin. Soyez discrets, car une héronnière d'une quinzaine de nids s'est installée dans le bois au-delà de l'étang, et les hérons ne resteront que si la tranquillité des lieux est préservée pendant la période de nidification...

Guillaume Sevin Paysages

 

 

Le bassin « filtre vertical »

Toutes les eaux usées du centre Beautour sont collectées pour être assainies par phyto-épuration. Dans ce premier bassin, appelé filtre vertical, les eaux usées sont répandues grâce à un système de rampes aériennes sur un épais lit de graviers (70 cm) planté de roseaux. Les bactéries situées sur les racines des roseaux fixent les éléments polluants et assurent ainsi la dépollution des eaux à 90 %. En quelques minutes, les eaux traversent le filtre et transitent par gravité vers des bassins horizontaux situés plus bas dans la prairie. Les roseaux sont fauchés chaque année, et les boues restées en surface doivent être enlevées tous les cinq à dix ans.
Attention, les eaux qui se déversent dans ce bassin ne sont pas encore épurées, vous ne devez en aucun cas les toucher.

Guillaume Sevin Paysages

Les bassins « filtres horizontaux »

Les eaux provenant du filtre vertical sont dirigées vers deux bassins plantés d'hélophytes (plantes semi-aquatiques telles que menthe, iris, salicaire, jonc) appelés filtres horizontaux. Les eaux arrivent sur l'un des côtés des bassins et transitent doucement par poussée horizontale dans un lit de graviers (50 cm). Ce séjour à l'air libre permet de dégrader les polluants restants, assurant ainsi l'épuration complète des eaux.
La phyto-épuration est une solution alternative autonome intéressante pour éviter la mise en œuvre de longs linéaires de canalisations pour rejoindre le réseau collectif. Elle peut être mise en place à diverses échelles, pour un ensemble d'habitations, un bâtiment collectif ou même une habitation individuelle.

Guillaume Sevin Paysages

La mare terminale

Cette mare permet de vérifier que la qualité des eaux rejetées est conforme à la réglementation en vigueur. Les eaux doivent y être très pures, donc très claires, et la faune et la flore qui s'y développent doivent être similaires à celle d'une mare alimentée « naturellement ». La mare ici créée est la plus profonde du site (1,50 m), avec des pentes d'inclinaisons variables permettant l'installation d'une grande diversité de plantes et d'animaux aquatiques.
Les eaux sont ensuite dirigées vers le petit ruisseau alimenté par l'étang en point bas du site et rejoignent le milieu naturel.

Guillaume Sevin Paysages

Le bassin d'eaux pluviales

Les aménagements réalisés pour l'accueil des visiteurs (bâtiments et voies) ont conduit à l'imperméabilisation inévitable d'une partie du site. Afin de maintenir une infiltration de la pluie identique à la situation antérieure aux travaux, les eaux pluviales de la demeure ancienne et des bâtiments neufs sont collectées en un point unique dans un bassin de rétention. Ce bassin se remplit donc à chaque pluie, pour se vider ensuite dans des mares situées légèrement plus bas. Il s'agit donc d'un bassin « sec », où se développe une végétation adaptée à des phases d'immersion provisoires.

Guillaume Sevin Paysages

Le coin des mares

Le sous-sol du site de Beautour est extrêmement argileux et très peu drainant, ce qui explique pourquoi, surtout en hiver, les terrains sont saturés en eau. Cette nature argileuse a été exploitée pour créer des mares, dont le rôle est essentiel au maintien de la biodiversité. Anciennement utilisées ou créées par l'agriculture, elles enrichissent la mosaïque d'habitats du bocage et accueillent de nombreuses espèces sauvages. Ces deux mares expérimentales alimentées par les eaux de pluie de la prairie et du bassin « sec » se remplissent et se vident en fonction des pluies mais aussi de l'ensoleillement qui est un facteur d'évaporation important. De profondeurs et d'expositions variées, ces deux mares devraient avec le temps se peupler et se différencier en fonction de leurs particularités.

Guillaume Sevin Paysages